MERLET Nicolas
Mardi 06 Janvier 2009 | English version
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Médias & Presse


 

Pour la gestion de ce réseau de capteurs expérimentaux de suivi du risque d'incendie, Nicolas MERLET a assuré la conception et le développement de la plateforme GSM et du site Internet sécurisé.


L'été revient, malheureusement accompagné de ses traditionnels feux de forêt. Mobilisés, les scientifiques du CNRS tentent de trouver des parades. La preuve avec cette innovation.


L'un des capteurs du dispositif Hydroleme, testé avec succès en 2007 dans les Pyrénées- Orientales. Il mesure l'hydratation des feuilles pour prévenir au mieux les incendies.

© N. Merlet / GEODE / 2007


À Toulouse, Jean-François Galtié, chercheur au laboratoire «Géographie de l'environnement» (GEODE) et... pompier volontaire, a mis au point un autre type de capteur, qui permet cette fois de connaître précisément et presque en temps réel le risque de feu de forêt : pour cela, le capteur Hydroleme mesure le taux d'humidité dans les plantes, un paramètre dont dépend directement le risque d'incendie.

«Or l'état hydrique d'une plante peut évoluer dans la journée, explique-t-il. C'est pourquoi nous avons imaginé un capteur capable de fournir des données fréquentes et précises». Son originalité : faire des mesures in situ, non destructives, sur le végétal vivant. Pour cela, Jean-François Galtié a conçu un dispositif dont Marc Lescure, de l'ENSEEIHT, a développé l'électronique. Un support immobilise délicatement une feuille de la plante choisie. À chaque mesure, une diode électroluminescente (LED) et une photodiode réceptrice se placent de part et d'autre de la feuille, sans contact. La LED émet une certaine quantité de lumière dans l'infrarouge moyen, un domaine du spectre lumineux fortement absorbé par l'eau. À la sortie, la photodiode mesure la quantité de lumière qui a traversé la feuille : la différence donne la teneur en eau. Une fois la mesure réalisée, le boîtier envoie les données sous la forme d'un SMS via le système GSM - le réseau habituel des téléphones mobiles - vers un serveur qui les transfère sur un site web dédié.

Breveté par le CNRS, l'Université de Toulouse-II et l'Institut National Polytechnique de Toulouse, Hydroleme a de nombreux atouts : mise en place rapide, fonctionnement autonome, fréquence des mesures... et coût. «Aujourd'hui, le niveau de risque d'incendie est fourni de manière globale par la météo. Avec un réseau de capteurs Hydroleme bien répartis, on peut orienter plus efficacement les effectifs de pompiers sur les zones à risque», souligne Jean-François Galtié. La méthode a été testée avec succès en 2007 dans les Pyrénées-Orientales. Notre scientifique-pompier cherche un industriel pour produire et commercialiser son invention. «Actuellement, le risque d'incendie s'aggrave dans le Sud-Ouest de l'Europe à cause de l'exode rural et de l'abandon des espaces forestiers», souligne-t-il. Or Hydroleme pourra fonctionner tel quel, dans tous les pays du Bassin méditerranéen.


C. Hancok, JF. Haït - Journal du CNRS


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